mercredi 2 décembre 2009

Les structures du vide en action



Toujours en cohérence avec moi même et mon sens (aiguë!) de l'observation, j'ai pu constater ces derniers temps, quelques changements sensibles dans le comportement des hommes vivant en société à Montpellier et sa banlieue disons. Soit 20 ou 30 kilomètres à la ronde, ce qui comprend aussi notre bonne vieille ville de Gallargues-Le-Montueux d'après ce que j'ai pu observé. Peut être plus encore, est-ce symptomatique de la France profonde, comme on dit?
Petite anecdote avant.
J'ai remarquer l'importance du port de chaussure chez les adultes en tant que marqueur social. Plus je voyais de gens passer en face de mois, plus ma théorie se confirmait. Un vieux ou un jeune, me dis-je? Un vieux portera systématiquement des chaussure, du genre similicuir, petites bottines, les fameuses godios du cowboy camarguais sans les éperons. C'est assez moche. Tandis que les jeunes, portent systématiquement des baskets. Après avoir parcouru le quai de long en large à l'affut du moindre isolat pouvant infirmer « ma règle », j'ai pu constater que tout ceci se tenait, et se tient toujours d'ailleurs. C'est une découverte sociologique de premier plan ! J'ai aussi pu m'apercevoir que l'adoption de chaussures se faisait progressivement, et qu'il existait, un genre d'âge de transition ou les gens portaient des baskets-chaussures entre les deux. En voyant mes Reebok au pied, j'ai pu m'apercevoir que je faisait parti de cette catégorie. Inconsciemment
Une véritable trouvaille. En attendant à la gare, ou ailleurs, je passe le plus clair de mon temps, non pas à réviser ou faire pour de semblant de lire pour me donner des airs comme le font certains. Mais à fouiner dans mon entourage. Cette gare bien mystérieuse, quoi que je la fréquente depuis prés de 6 ans maintenant, semble être un microcosme, un champ idéal pour quelques commentaires.
La gare de Lunel! En réalité C'est la mortification incarnée. Mornes rails, mornes quais, mornes caténaires, mornes gravas, car les quais sont remplis de gravas entre le gris et le noiratre. Tu peux taper dedans, c'est du vrai! Seul une ligne blanche, la courtoisie entre vous et la mort nous sépare de la ferraille et la caillasse. A noter la consistance de cette caillasse, qui a tendance à être poisseuse au niveau des quais. Ce qui s'explique facilement de par le fait qu'il arrive parfois que les gens urine dans les toilettes de trains en arrêt, malgré le fait que ce soit interdit. Je mentirai, si je disais que l'on y trouve des rats aussi. Ceux-ci ont plutôt tendance à vivre dans des lieux couvert, et ou la nourriture est plus abondante, comme à la gare de Montpellier. Car la-bas, en plus d'y . A savoir qu'il circule quelques histoires de temps à autre d'une dame ou d'un type qui ce serait fait aspiré malencontreusement par un train passant par là. A ce sujet, je pourrai vous raconter qu'un de mes amis de collège, un dénommé Florian, c'est fait « explosé » à un arrêt de là, voici quelques temps. J'ai juste un regret pour lui, celui qu'il n'est pas eu son bac. Je me dis tout le temps, c'est pas possible mon gars, tu peux pas mourir sans avoir passé ton BAC! Tout mais pas ça. Moi, je l'ai mon bac, je peu crever tranquile. Mais toi, si prés du but. Je te vois révisant cette année, en te disant: voilà, bientôt mon bac. Mais non, ta pas eu ton bac mon vieux, fallait pas faire le con, fallait avoir ton bac (et puis c'est tout) .Et la playstation 3, tu la jamais connu, tant mieux, comme ça tu me nargueras pas avec. La Xbox360 non plus tu l'a pas, le dernier Harry Potter, cette daube. La guerre en Irak... Barak Obama. Sarko, la crise... Non, la tu n'as rien raté.
Bon alors, je me plaint, mais récemment, la gare a été refaite. Ce qui signifie, en gros, qu'on a du se geler à l'extérieur pendant plusieurs mois. Il fallait voir l'intérieur, le plafond menaçait de s'éffondrer. Va savoir s'il n'y avait pas de l'amiante la dessous. La gare est refaite de l'intérieur, nous avons de nouveaux TER désormais (ils sont gérés par la région désormais). Une dame du midi libre est même venu faire une interview à deux tondus qui étaient ici par hasard. Deux vieux qui ne connaissent rien à la gare et qui apparemment étaient ici pour la première fois ici. Mais. si cette jeune journaliste m'avait demandé mon avis, je lui aurai dit qu'ils auraient du conserver le blason de la ville de Lunel à l'intérieur, ainsi que celui de la France RF qui trônait sur la devanture, qui, quoique rouillé et en mauvais état, faisait parti intégrante du style et de l'histoire de cette gare. Mais ils n'ont pas jugé utile de les conserver. Pourtant cette gare a une histoire. Mr Gourgas, qui n'est qu'un gallarguois lui aura rendu plus hommage que quiconque à Lunel. Car, peu de gens le savent peut-être, mais Napoléon Bonaparte est passé par Lunel, ceci en tant que candidat à la présidence de la II ème République en 1848. Gourgas le rappel si bien dans sa promenade dans le passé gallarguois. Une de ses petites anecdotes, semblables à des digressions, mais qui e fait n'en sont pas, on trouve l'histoire de la venue du futur prince président en campagne. Ce dernier avait fait l'honneur de passé dans la région! Empruntant la ligne Montpellier-Lunel qui existait déjà. La compagnie s'appelait alors la compagnie P.L.M (Paris,Lyon, Marseille). Napoléon empruntait ainsi un train qui s'arrêtait sur le trajet dans toute les petites villes entre Montpellier et Lunel. Il devait venir à midi, pour le repas. Se faisant attendre, toute la galerie qui était venue l'attendre est partie petit à petit, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le gardien de la gare. Bonne nouvelle pour lui: Napoléon a diner chez lui. Comble de tout, on apprend que ce dernier était un fervent « républicain »! Ce dont il fait par à ce dernier. Mauvaise nouvelle pour lui. Il devra attendre ses derniers jours pour la voir revenir triomphante. Alors, le RF sur le fronton de la gare, ce n'est pas seulement une lubie. Il fait aussi parti de notre histoire.
Peu importe, je suis toujours sur le bord du quai, et j'attends le train. Le monde s'accumule petit à petit. Ça se tasse d'autant plus que « la voix » se met à nous avertir de l'arrivée imminente du TER, n°876412. Généralement a ce moment précis l'attente varie de 3 à 5 minutes. Nous rentrons, tous en même temps. Voici un acte de grégarité en plein action, véritable mythe fondateur de l'homme moderne. Une fois à l'intérieure, les réflexes continus à prendre le dessus. Vite, une place! Que dis-je une place. Elle va vite devenir, ma place! Mes royales fesses vont s'y déposer, et s'y reposer, se dorloter, lacher quelques gaz parfois, signe d'une détente complète et d'un territoire marqué. C'est l'occasion pour certain de rouvrir son ouvrage, et de laisser passer le temps perdu. Un temps considéré, à juste titre, peut-être... Par certain comme temps « non-grata », et qu'il faut nécessairement occupé, mais qui est en réalité perdu. C'est un de ces fameux temps vide, de l'effet tunnel. En réalité, ce temps vide est constitutif de nos vies, mais généralement trop court pour que l'on puisse en avoir conscience. En avoir conscience, le rend d'autant plus détestable! C'est pourquoi, et comme d'habitude on ritualise le quotidien, pour marquer le passage d'un état vers un autre. On en a donc fait un espace de temps « semi-libre ». Libre dans le sens ou l'on peut se permettre de le prendre, mais pas tout à fait, car l'espace et le temps disponible sont limités. De plus , il s'agit de vivre en société, donc, la retenue est de mise. Lecture, sieste au regard mi-ouvert, dans l'attente inespérée de la fin du monde!
C'est à dire, la fin du monde? Celle d'un homme, ou celle d'un animal qui remu dans tous les sens. La question de la conscience se repose ici en terme éthique et morale. Donner du sens au choses, même si elles n'en ont pas. Le temps vide, se doit donc d'être rempli. Rempli de haines et de tristesse, d'indifférence ou de jalousie.

mardi 25 août 2009

Gallargues sur Wikipédia: tout est beau tout est jolie!

Si vous faites des recherches sur Gallargues le Montueux (et non galargues avec un L dans l'hérault) vous risquez fort d'être déçus.
Vous tomberai d'abord sur le site officiel de la camargues et de du canton rhôny-Vistre-Vidourle.
Car gallargues, c'est avant tout un piège à touristes. Et oui! Pourtant c'est nul Gallargues, le paysage est moche, l'urbanisation envahi tout, les gens sont méfiants et les vieux sont radins (je vous présente Mr Mira, vous allez voir).
Sur ces sites internet mis à part un rapide, mais pompeux (vraiment POMPEUX!) rappel historique, on vous vantera l'esprit de Gallargues, les courses taurines, son côté moderne , c'est l'usine à carton qui sert à faire travailler les ouvriers et maintenir un electorat de gauche (modéré) et puis de parler de la vigne.

L'article de Wikipédia est l'archétype de ce genre de description. Qu'il est facile de pirater!
Alors donnez vous y à coeur joie, qu'un vent d'anarchisme souffle dans les chaumière de cette ville embourgeoisée.

Tout cela n'est que mensonge. Venez y et vous serai déçus de l'accueil.

Un avant projet qui a fait couler de l'encre.

L'avant projet de dérivation du Vidourle fut une perspective titanesque, comparable aux jardins suspendus de Babylone à l'échelle de notre ville. Ce qui aurait probablement eu encore des conséquences de nos jours si il avait eu cours.

Imaginez!

Un réseau de canaux prenant sa source au Vidourle à la Roque d'Aubais et s'étendant sur une dizaine de kilomètre en passant par les vignoble d'Aubais et de Gallargues pour finir sa cours dans ce fameux Vidourle au niveau du pont de Lunel. Son but: tout noyer sous des trombes d'eau durant la saison hivernal, durant quelques jours à plusieurs reprises pour asphixier l'insecte. Prés de 800 hectares inondables prévus!

Mais ce canal ne fut pas, bien heureusement, car à peux prés au même moment, et non loin de là, on avait trouvé un remède plus efficace et moins coûteux au maléfice.


Plan général de l'avant-projet représentant le futur trajet du canal de dérivation du Vidourle.
D'après Mr Duponchel, ingénieur des ponts et chaussés à la retraite. 1882.

Le phylloxera à l'origine de la place de la bascule.

Mes recherches sur le phyl1oxera dans les archives gallarguoises mon permis de faire quelques découvertes intéressantes. Une a plus particulièrement a attiré mon attention, car elle concerne son patrimoine. Un emplacement que je connais on ne peut mieux, car cela fait des années que je le fréquente pour prendre le bus... Sans vraiment en connaître les origines. Jusqu'à aujourd'hui, tout cela grâce à une drôle de petite bête. Il est vrai qu'elle a fait des dégâts considérables, surtout dans notre région.

D'ailleurs, savez vous qu'elle est toujours présente? Car en faite c'est elle qui a gagné! Aujourd'hui nos vignes ne sont françaises que de nom. Si nous nous avisions à replanter sans greffe ou porte greffe, cet insecte aurait vite fait à nouveau de nous les dévorer.



Voici la délibération original du conseil municipal,qui va initier l'établissement de la Bascule de Gallargues.


L'assemblée

Considérant que la destruction de nos

vignes par le phyl1oxéra a changé totalement le produit

de nos récoltes, que ce produit ne consiste, aujourd'hui,

presque exclusivement qu'en fourrages, que pour la vente

de ces fourrages une Bascule ou poids public est

indispensable.

Décide qu'il va consacré une somme

de quinze cents francs à la création d'une Bascule,

à l'effet de peser les fourrages qui seront transportés

hors de la commune sur les marchés avoisinants [...]

-Archives Grand Gallargues,série D n°13 délibérations 1876-1888. Séance du 7 Juin 1877


Conclusion

L'ensemble de ces transformations vont s'initier après la crise du phylloxera sous l'impulsion du chemin de fer et de l'agiotage dans le milieu viticole lors de la reprise. Au lieu de revenir à l'ancien mode de production du vin reposant sur le procédé de la distillation, les gallarguois ont choisi la production en gros comme toute la région environnante soit disant passant. Cette uniformisation de la production du vin va entrainer sa perte. Et la démonstration de 1907 ne tarde pas à venir démontrer les faiblesses de ce type de production! Mais ce n'est pas assez, car il semble d'après Gourgas, ainsi que d'après les archives du Grand Gallargues, que la ville ait réussi à se remettre assez vite de cette crise. Les choses ne vont pas en rester la, mais il y a la grande-guerre. C'est la première pierre d'un autre changement social d'une toute autre importance, la révolution féminine est déjà en marche! A Gallargues les choses se dégradent, car si au XIX ème siècle l'éducation fut une des grandes priorité des gallarguois, il semble qu'elle le soit un peux moins pour les générations suivantes selon Gourgas. Aujourd'hui le mal est réparé, et une attention particulière est accordée aux locaux de l'école maternelle toute neuve, et de l'école primaire, désormais rénovée, et agrandie pour faire face au défis démographiques des années à venir. Et les vignerons? Et bien ils doivent faire front à la crise du nouveau millénaire, face à un marché mondialisé, que faire? Il faut en revenir aux fondamentaux, la crise est compliquée, mais les solutions pourraient être bien plus simple que l'on croit. Rappelez vous, avant le phylloxera, les vignes, et les vignerons avaient leurs personnalités, leurs spécificités. ça faisait leurs qualités et leurs forces! Pourquoi pas la notre?

Les mutations de la fin du XIX ème

III-Des changements conséquents: la fin de l'ancien Gallargues.


Les changements au sein de l'agriculture gallarguoise va par un effet d'entrainement avoir des conséquences sur toute l'activité du village, tout ces petits métiers (même si les gens n'en n'ont pas encore conscience sur le moment) et les modes de vie qui s'y rattachent vont disparaître progressivement entre le début du XX ème siècle et la fin de la seconde guerre mondial..


La fin de la charité.


La période qui s’étend de 1870 à 1907 est d’une importance capital dans la prise de conscience du groupe dans un sens particulier. Celui de la pauvreté. Les explications générales que je vais vous donner à ce propos, n’en soyez pas étonné, sont tirés d’un ouvrage de Pierre le Guérinel1:

Avant le phylloxera, la vision de la pauvreté est traditionnelle. Elle se caractérise par deux éléments : elle fait l’objet d’une approche plus religieuse et moral qu’économique ; d’autre part, le pauvre joue un rôle dans un édifice social qui lui réserve sa place. Le visage de la pauvreté est ambivalent, c’est à la fois la vertu et le vice. Ce faisant, la société chrétienne distingue une bonne et une mauvaise pauvreté (je ne vous ferai pas l’insulte de remonter jusqu’aux hôpitaux généraux). La première est « la pauvreté affective » celle qui guide les ordres mendiants, à l’image de St François d’Assise. La seconde est la pauvreté effective et subie. C’est à cette pauvreté que je m’intéresse dans mon devoir. Mais elle conduit à diviser les pauvres en deux catégories : les « bon pauvres » atteints par la misère et la déchéance physique. Qui ont le droit à l’assistance l’hospitalitas. Les « mauvais pauvres », c'est-à-dire les valides qui pourraient travailler. Ces derniers sont disqualifiés socialement, d’ailleurs il faut voir de quelle façon il sont nommés dans la liste nominatives des dénombrements (c’est horrible ! ). Ces derniers n’ont droit qu’à la Liberalitas, c'est-à-dire l’aumône du passant. Dans cette société la pauvreté subie est considérée comme contraire à la nature, on doit au pauvre la caritas, c'est-à-dire la charité, plus tard sécularisé en assistance. Celle-ci est avant tout d’essence religieuse, et elle a une signification particulière dans un bourg protestant ou l'esprit d'entraide a du jouer un rôle important face à l'adversité. C’est ici que les choses deviennent intéressantes. Car cette logique était pratiqué jusqu’au milieu du XIX ème siècle, notamment au travers des institutions religieuses comme les ateliers de fabriques, les bureaux de bienfaisance, ou parfois par l’institution communal dans les ateliers de charité. Mais je pense que même dans ce cas la pauvreté est restée marginale, et soutenu par un esprit d'entraide communautaire et informel. Quand je fais la distinction entre les institutions religieuses et communales, je ne pense pas qu’elle soit pertinente jusqu'à la sorti loi sur la laïcité dans le courant en 1882. La s’arrête les subventions de la mairie au culte religieux de façon rédhibitoire tout du moins jusqu’au début du siècle dernier.

Une forte conscience de groupe.



Avec l’arrivée du phylloxera, la population gallarguoise se trouve confrontée pour la première fois à une indigence d’une toute autre ampleur. Tout le monde pouvait être touché ! Dans ce cas les solutions apportées ne sont plus les mêmes. La seule solution c’est de s’unir et de serrer les coudes. Bien évidemment, trouver des traces de cela dans les archives n’est pas une masse à faire, car il est évident que nous sommes encore dans une société de tradition orale . Tout ce fait encore d’un commun accord tacite, sans qu’il n’y est besoin qu’on le mette par écrit, d’autant plus que cela ne se faisait pas (pas toujours). Toutefois, j’ai pu trouver des informations concernant la création de syndicats durant cette époque. Mais aussi d’actions de la municipalité pour tenter d’occuper cette masse d’indigents durant la saison morte. On leur faisait ramasser des pierres dans des carrière, voir même aux ouvriers de bourgs voisins comme Vergèze par exemple. Bien entendu c’était les contribuables, les plus imposés en particulier... Qui payaient la note ! Mais c’était de bon cœur. L'esprit d'entraide protestant y était certainement pour quelque chose, et ce point mériterait d'être éclairci. La municipalité faisait comme elle pouvait. Le syndicat fut plus un moyen pour attirer les subventions de l’Etat qu’autre chose à mon avis, les gallarguois n’étaient pas dupes. Elle est aussi un révélateur de cette conscience d’appartenance à un « groupe », à une classe. Bien large car elle s’étendait à tout les villageois. Pas de gros propriétaires, ensemble assez hétéroclite, ceux qui n’étaient pas uniquement propriétaires effectuaient divers métiers, et habitaient parfois à l’extérieur de Gallargues ( par exemple je suis tombé sur un qui domiciliait à Remoulins). Cette conscience dont je vous parle est apparue dans le courant des années 1880. Initiée par l’engouement de l’avant projet de canal de dérivation du Vidourle (1882-1883) que j’ai découvert grâce aux conseils de Atger.

Voici quelques calcul simples faits sur la liste des adhérents à l'exécution d'un canal d'irrigation et de submersion dans la commune de Gallargues pour vous donner une idée de la chose.

le 25 Juin 1882.

Nombre d'adhérents: 271

Nombre d'hectares: 476,75

Moyenne (en hectare): 476,75/ 271= 1,76

Ecart (en hectare) entre le plus gros et le plus petit propriétaire: [18-0,15].

Ce projet, plutôt devrais je dire cet avant projet a été rédigé par Mr De Cauquis ingénieur des ponts et chaussés à la retraite, et votre ancêtre Mr Gaston Gourgas y étaient engagé lui aussi! Ce documents sont d’ailleurs d’une valeur inestimables de part la qualité de la graphie et des plans d’une extrême application de la part de son auteur. On a voulu, dériver le Vidourle à partir de la Roque d’Aubais jusqu’au pont de Lunel, montant des opérations estimés à 470000 francs par De Cauquis, prés du double par Mr Duponchel ingénieur en chef des ponts et chaussés du bureau hydraulique de notre région. Ce dernier s’est formellement opposé à la création de canal. Finalement il n’eut pas court.



Une solidarité institutionnalisé.



Mais je m'égard de mon sujet. Il s’agit de la charité. Et du chambardement que cette notion a subie durant la crise phylloxérique. On s’entraidait, on se réunissait pour se défendre de la crise. Mais cela n’est que le prémisse à bien des changements. Notamment le début de la mutualisation avec l’apparition du secours mutuel, puis des prévoyant de l’avenir, société de l’amitié, syndicat des ouvriers agricoles et autres qui devraient débouché à la création de la cave coopérative en 1929. Mais ce n’est pas la le plus important dans ce que j’ai pu découvrir. Ce qui m’a attiré l’attention plus qu’autre chose, c’est le changement dans une tournure sémantique. Lors de la séance du 7 Octobre 1904 les ateliers de charité, changent de noms. On les appelle désormais atelier de solidarité.

Solidarité, le mot est lancé ! Tout est dans ce terme. Il marque dans les faits des délibérations du conseil municipale, philosophiquement et juridiquement l’aboutissement d’un processus débuté lors de la révolution en France. Notamment dans le domaine de la sécurité du travail et de la protection social qui est assuré. Par qui désormais ? Par l’Etat. Je considère donc la solidarité non pas simplement comme une forme laïcisé de la charité, mais comme sa rationalisation et illustrant une nouvelle théorisation de la société, ce que l’on appèlerait aujourd’hui un nouveau contrat social. Mais elle marque aussi un changement de nature de la pauvreté. Se fondant sur les fondations de l’ancienne société, elle demande la contribution de tous. Plus particulièrement sous forme pécuniaire ou en prestation en nature au début, puis juste en argent. Cependant, elle va paradoxalement contribuer à isoler les gens les uns des autres. En désolidarisant inexorablement les liens personnels qui pouvaient exister entre deux personnes qui s’entraidaient. En le remplaçant par des liens informels entre « individus ». Le progrès et l’intérêt vont par la suite peux à peux prendre le dessus. David Humes avait donc raison. En fin de compte tout n’est qu’intérêt.


1 Pierre le GUERINEL Une société d’exclusion Manuel de culture générale par Pierre Le Guérinel, ed PUF, Novembre 2000, France, Chapitre VII-Exclusion page 285 à 334.

Les activités

II- dépendant de l'agriculture et de l'industrie.


Premier secteur l'agriculture

Et en premier lieu, la viticulture. Cela n'a pas toujours été le cas. En fait depuis la fin de l'ancien régime elle partageait son rang avec la teinture du tournesol en drapeau issu de la maurel, et une Kyrielle de petite culture céréalière. Prés du Vidourle, on laisse une place à l'arboriculture (pomme, abricots etc), pas plus de deux ou trois hectares. Et sur les coteaux prés des vignes, l'on rencontre l'olivier, culture millénaire, auparavant en intercalaire avec nos vignes. Au niveau humain, le visage de Gallargues n'a pas beaucoup changé depuis la description qu'en a faite le pasteur Hugues.

Pas de très gros propriétaires à Gallargues. la plus grosse propriété n'excède pas 33 hectares. Par contre il existe une kyrielle de petits propriétaires ayant des exploitations entre 1 et 5 hectares, ainsi qu'un nombre conséquent de journaliers et saisonniers qui en dépendent (ceux que Max Gourgas appel les « rachalans »). Peu de fermages et de baillages par contre. A noter un nombre assez important de rentiers, ou rentières devrait on dire, car ceux ci devaient être entre 30 et 50, mais leur nombre régresse après la crise phylloxérique.


Deuxiéme secteur l'industrie


Parmi les industries existantes à Gallargues on peut en compter cinq (grosses entre guillemet) principales:


  • La broderie: activité typiquement féminine, on la retrouve dans les villages alentours avec une spécialisation pour chacun d'entre eux: « Aussi les voyons-nous à Aigues-Vives, exploitant la couverture; à Milhaud, le tissage des gants; à Calvisson, la fabrication des bas au métier; à Aubais, le filage de laine; à Junas, la finette; à Gallargues, la broderie. »1

  • Le roulage: Par le passé de rayonnement national, voir international, il se limite désormais à la région: « Autrefois Gallargues fourmillait de voitures dont les forts équipages sillonnaient les grandes routes du Midi. Ils transportaient également des marchandises dans le Dauphiné, dans le Lyonnais, dans le Vivarais, et ils pénétraient jusque dans la Suisse. De nos jours, cette industrie s'est modifiée. Les rouliers se bornent à fréquenter les hautes et basses Cévennes. Dans l'hiver, ils échangent des produits de la plaine contre ceux de la montagne.»2. Il est aussi à noter que celui-ci se fait durant les périodes agricoles creuses.

  • L'éducation des vers à soie3: Ruinée par les guerres de l'Empire, cette activité est restée marginale depuis l'arrachage des mûriers. On en trouve des traces dans les délibérations jusque dans les années 1870-80.

Ces différents métiers vont largement perdre de l'importance au début du XX ème siècle. L'hégémonie gallarguoise dans ces domaines va décliner, pour des raisons techniques (apparition de la machine outils) et économique (mondialisation). Seul les petits métiers vont continuer à péricliter encore, durant une cinquantaine d'années. Puis nous rentrons dans un nouveau cycle à ce niveau.

Le secteur des services.


Il est représenté, par les professions libérales comme les négociants, les épiciers, les boulangers, les tondeurs, les dépoteurs, les barbiers, les aubergistes et bien d'autre. Ce sont tous des « petits » métiers nécessaires, ou plutôt disons indispensable à la vie de cette petite ville, car à cette époque le superflu, est un luxe inabordable pour le commun. Rappelons que nous vivons encore au pas du cheval au sein de la cité. Disons aussi que ces métiers sont complémentaires de ceux de la terre! Car les gallarguois sont cultivateurs attachés à la terre. Bien qu'étant vignerons désormais, ils ont su garder leur âme paysanne, le seul changement sensible à ce niveau est plutôt lié à la nature de leur culture et à leur religion protestante. Spécificité qui a son importance, et une longue histoire à elle seul.


Les sans-emplois


Peux nombreux sont pauvres au sein de la petite communauté du bourg, les pauvres sont traités selon leur statut, généralement bien. (Nous y reviendront)

En fait les sans emplois sont représentés statistiquement par les étudiants, les marginaux, les veuves souvent rentières. Ce sont des groupes bien spécifiques qui correspondent à des états particulier ou à des cas marginaux.

1Hugues op cit, page 117.

2Ibidem, page 119.

3A ce titre je vous renvois au prospectus produit par le Crédit agricole mutuel du Gard pour les besoins d'une exposition (non daté malheureusement): Des Cévennes à la mer images de la vie quotidienne dans le gard 1900-1930. page 14-17. Bref mais précis et richement illustré.